· 

Les parapluies d'Erik Satie, par Stéphanie Kalfon

Voici un livre déchirant comme peut l’être la musique de Satie, dont avec Stéphanie Kalfon on sort en se demandant tristement Erik Satie était-il fou?

De nombreux romans croisent écriture et musique, danse, peinture et nous plongent dans des univers gorgés d’art dans lequel plonger avec délice. Découverte toute récente : Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon, publié chez Gallimard en 2017 et disponible en Folio (n°6539).

 

De l’homme aux quatorze parapluies noirs nous avons  tous dans l’oreille les Gymnopédies, à tout le moins la première, lente et douloureuse (selon l’indication sur la partition) expression d’une mélancolie insondable. Car Satie, dont on aurait pu penser qu’il était un joyeux fantaisiste parmi les artistes montmartrois, est un être saturé de mélancolie.


Satie le mélancolique, la couleur du gris

Comme l’écrit Stéphanie Kalfon, il y a une couleur Satie. Le gris. Dans ce roman, nous suivons les foucades de l’adolescent en rupture avec l’académisme du conservatoire et de ses maîtres asséchés, les renoncements, les auto-sabordages, les chemins la misère jusqu’à cette chambre d’Arcueil où il mourra dans un indicible dénuement matériel et humain.

 

Un roman poignant dans lequel l’auteure, dans une langue incomparable, neuve comme l’était la musique de Satie, rend perceptible l’envahissement progressif du compositeur par l’humeur noire, la vraie mélancolie.

 

A lire ce texte on retrouve des phrasés, des rythmes, des mélodies aujourd’hui célébrées et qui n’ont connu à l’époque qu’une à peine condescendante reconnaissance parmi quelques pairs. Un livre déchirant comme peut l’être la musique de Satie, dont avec Stéphanie Kalfon on sort en se demandant tristement Erik Satie était-il fou?

 

Marcel Orianne, novembre 2020

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Françoise (lundi, 29 mars 2021 16:39)

    Bonjour
    l'illustration est très significative